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Musée et centre social
Andrei Sakharov
Le 6
novembre 2007
A tous ceux pour qui ceci est important
En ma qualité du directeur du
Musée et du centre social “La paix, le progrès et les droits de
l’homme” Andrei Sakharov (ci-après – le Musée) j’informe tous
pour qui ceci est important que le Musée et le centre Andrei Sakharov se
trouve dans une situation dramatique.
A partir du 1 janvier 2008 pour la
raison de l’absence de sources de financement suffisantes le Musée a
été obligé de réduire ses fonctions ou de les
stopper partiellement ainsi que de licencier la majorité de ses
collaborateurs. Le Musée possède aujourd’hui une exposition
permanente ouverte au public où des excursions thématiques sont
organisées régulièrement (L’exposition permanente se compose
de cinq parties: « Idéologie et mythologie de l’URSS »,
« Répressions politiques en URSS », « Voie à
travers le GOULAG », « Résistance à la
non-liberté », « Andrei Sakharov. Personnalité et
destin »). Le Musée organise également des expositions
temporaires. Une bibliothèque
dont les divisions sont analogues à celles du musée y est
ouverte. Nous travaillons dans les fonds du Musée aussi bien qu’avec les
bases de données électroniques suivantes: « Souvenirs du
GOULAG et leurs auteurs », « Monuments et signes commémoratifs
aux victimes de répressions politiques sur le territoire de
l’ex-URSS », « Martyrologe de victimes de répressions
politiques fusillés à Moscou et dans sa région »,
« Artistes peintres et critiques
d’art – victimes de représailles ».
Le budget minimal nécessaire
pour assurer les activités du Musée en 2008 constitue 8330000
roubles ou 340 mille dollars américains. Le budget et la liste du
personnel du Musée sont des documents ouverts et sont représentés
sur son site Internet. Le niveau des salaires des collaborateurs du
Musée (à quelques exceptions près) a été en
2007 de 12000 –15000 roubles.
Parmi les sources traditionnelles de
financement de musées tels que des subventions d’Etat, des
bénéfices provenant de la vente de billets d’entrée, de la
boutique et du café de Musée, des bénéfices de
dotation en capital (capital dont seuls les intérêts sont
alloués au musée), des dons et des subventions pour des
programmes précis, le Musée ne peut compter aujourd’hui que sur
les deux derniers, c’est à dire des dons (qui nous ont beaucoup
aidé en 2007) et des subventions pour des programmes concrets.
Notre Musée ne reçoit pas de subventions d’Etat car il est un
établissement de culture autonome à caractère
non-commercial. Nous n’avons pas de bénéfices provenant de la
vente de billets car la visite du Musée et la participation à
toutes les manifestations organisées sont gratuites. Nous n’avons pas de
boutique ni café pour des raisons de manque de locaux. Nous n’avons pas
de dotation en capital non plus.
En 2007 et au cours des années
précédentes le Musée et le centre Sakharov ont
existé pratiquement grâce aux subventions provenant de fondations
étrangères. Mais comme l’intérêt de l’Occident
envers les problèmes de Russie diminue, ce soutien se réduit aussi.
A l’heure actuelle, pour 2008, le Musée est sûr de recevoir 50
mille dollars de la part de la Fondation Sakharov américaine. Mais cette
somme n’est pas suffisante pour assurer les activités du Musée en
2008. Les appels de quelques personnalités russes célèbres
adressés au peuple russe dans les pages du journal « La Novaia
gazeta » ainsi que mes lettres adressées à des bienfaiteurs
occidentaux contenant une demande du soutien financier du Musée restent
pour le moment sans réponse.
Il est impossible pour moi de porter
un jugement objectif sur le fonctionnement d’un établissement dont je
suis directeur. Je pourrais dire seulement que le Musée est le seul
établissement en Russie qui réussit à accomplir en
même temps toutes les tâches et les fonctions d’un centre social et
celles d’un musée. Je vais énumérer les
événements et les bilans de trois derniers mois. Dans la
période des mois d’août et de septembre 6 600 personnes ont
visité le Musée (15 300 personnes - du 1 janvier au 31 octobre).
Au cours de ces trois derniers mois le Musée a organisé sept
expositions : exposition de photos
de Julia Vichnevetskaya « Planète voisine » consacrée
au Karabakh, à la Géorgie, à la
Tchétchénie, à la
Turquie du Nord (l’exposition a été accompagnée du
festival du cinéma géorgien, l’exposition « Raul
Vallenberg » (préparée
par le Musée Juif de Budapest) dans le cadre de ce projet
plusieurs documentaires concernant Holocauste ont été montrés
au Musée, l’exposition des affiches « La fin de l’époque
Poutine » (préparé par le journal Internet Grani.ru);
l’exposition des photos des monuments aux victimes des répressions
politiques « Souvenirs d’absence de droits »; l’exposition de photos
« Catastrophe longue d’un demi-siècle » consacrée à
une avarie nucléaire à l’usine « Maiak » en 1957
(préparée par une organisation écologique); l’exposition
de documents « Le droit à la correspondance. Les lettres des
prisonniers politiques des années 1930-2006); l’expositions des
œuvres graphiques de l’ancien prisonnier politique, le peintre Viatcheslav Sissoev (1937-2006)
« Marchez sans faire de bruit, parlez bas! ». Outre cela, aujourd’hui
on peut voir au Musée un fragment de l’exposition « Justice
politique » que nous avons préparée en 2006 et qui a été consacrée
aux prisonniers politiques russes de nos jours.
En octobre dernier le Musée a
organisé une série de rencontres intéressantes, un
séminaire scientifique et une conférence internationale (en
coopération avec le Centre public de l’art moderne. C’étaient une
discussion avec la participation de Vaçlav Gavel, une rencontre avec
Vladimir Boukovski, un séminaire
« La Tchétchénie. La guerre a fini…Et après? »
et le deuxième jour de la conférence internationale « L’art
moderne et des tabous (politiques, religieux, esthétiques et
éthiques) ». Au cours des mois d’août –octobre le
Musée a continué à organiser le sixième concours
interrégional de professeurs d’école secondaire « La
meilleure leçon ayant pour sujet :
« L’histoire des répressions politiques et de la
résistance à l’absence de liberté en URSS ».
Pendant les mois d’août, de
septembre et d’octobre, outre les événements
précités, le Musée a offert gratuitement ses locaux ainsi que le soutien technique à 12
organisations non-gouvernementales qui ont tenu dans nos locaux 25
manifestations différentes où sont intervenues, entre autres, de
telles personnalités célèbres que le docteur ès
sciences historiques Youri Afanassiev, l’académicien Viatcheslav Ivanov
et l’historien Alexandre Yanov.
Je suis sûr que toute
l’activité du Musée et du centre social Andrei Sakharov vise
à consolider et à protéger les valeurs de la
liberté, du droit, de la démocratie et de l’humanisme. Je suis
également persuader que si nous ne poursuivons pas cette lutte, notre
pays se verra confronter à un avenir très dur. Je pense que le
Musée et le centre social Andrei Sakharov est un des avant-postes
importants qui sert à protéger et à assurer ces valeurs.
C’est pourquoi, vu la situation dramatique pour notre Musée, je
m’adresse à toutes les personnes, fonds publics et fondations sociales
en Russie, en Europe, au Canada et au Japon en les priant de soutenir le
Musée et d’empêcher la réduction ou la cessation de son
activité en sa qualité d’un établissement de culture
indépendant. Les comptes bancaires du Musée en roubles et en
dollars sont affichés sur le site du Musée www.sakharov-center.ru. Je serais
très reconnaissant à tous ceux qui divulgueraient mon appel.
Youri Samodourov
Directeur du Musée et du
centre social Andrei Sakharov
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